Pour ne pas nécessairement confondre le pire et le meilleur

Genkaî -Centrale nucléaire de 1975
Bien plus que le séisme impressionnant qui a secoué la région, c'est le Tsunami intervenu juste après, qui est le premier et le grand responsable du drame de Fukushima , en obstruant et en rompant les canalisations de refroidissement de la centrale nucléaire. ( v.note de la SFEN reprise intégralement ci-après).
Notre propos toutefois n'est pas ici d'apporter des éléments d'actualité ni de dire l'angoisse qui nous saisit en voyant l'étendue du désastre qui frappe un peuple digne et sensible, mais plutôt d'approcher une évaluation des risques économiques auxquels une terreur verte irrationnellement anti-nucléaire pourrait nous exposer humainement et économiquement:
Au vu de la situation existante:
-en France, 75% de notre électricité est d'origine nucléaire,
-en Allemagne, 29% de l'électricité est d'origine nucléaire,
-dans le Royaume Uni 13% de l'éléctricité est d'orignine nucléaire,
-en Suisse 39% de l'électricité est d'origine nucléaire;
-ainsi 37% d'électricité consommée en UE+Suisse est d'origine nucléaire
51 centrales et 63 000 MW de production en France dont les centrales sont de 6 à 10 plus récentes que les centrales japonaises
17 centrales et 20 000 MW de production en Allemagne
Combien de temps faudrait-il pour remplacer l'existant dans le meilleur des cas: 15 ans, 30 ans ? En référence, combien de temps a-t il fallu pour démonter Super Phenix ?
30 ans de plus qu'il n'en a fallu à un ministre mal averti pour détruire des années de recherche et d'investissements qui auraient placé la France loin devant tous.
Pour autant, la France détient un avantage d'expérience par rapport à de nouveaux entrants qui ne paraissent pas aussi préoccupés que la France en ce qui concerne les risques divers menaçant toutes les installations industrielles.
Jusqu'à l'évocation de la Loi NOME, l'électricité française a été meilleur marché que celle de tous les autres pays, principalement plus équipés avec des centrales thermiques (grandes émettrices de CO²) ou consommatrices d'énergies fossiles (dont on connaît la raréfaction progressive et l'augmentation des coûts); de manière régulière, elle est en mesure de dépanner ses voisins dans l'urgence.
Les décisions prises dans la montée en témpérature des promesses de campagne respectives ne sauraient être influencées par un timing, mais, ne devraient être envisagées qu'après une évaluation aussi humainement complète que possible et, consensuelle . Le Stop and Go est à proscrire si l'on veut éviter la décroissance.
Ainsi l'évocation d'un gaz non conventionnel à bas prix ne devrait-il pas détourner le courant porteur pour des énergies renouvelables rentables et porteuses d'emplois locaux...
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Note d'information SFEN
La situation des réacteurs nucléaires au Japon suite au séisme majeur survenu le 11 mars 2011
Point de situation du mardi 15 mars 2011
Trois des six réacteurs de la centrale de FUKUSHIMA étaient à l’arrêt lors du séisme. La puissance résiduelle dans ces trois réacteurs, due à la décroissance radioactive des cendres de la
production nucléaire, les produits de fission, était donc plus faible. Les trois réacteurs en fonctionnement ont été mis à l’arrêt automatiquement lors du séisme comme requis par les
autorités de sûreté. Leurs puissances respectives étaient 460, 784 et 784 MW. La puissance résiduelle à évacuer, de 7 % de la puissance de fonctionnement, était donc plus importante. Elle était
encore d’environ 1,5 % de la puissance nominale lors de l’arrivée du tsunami et de 5/1000 au bout d’une journée.
Le scénario de l’accident à été probablement similaire pour les trois réacteurs. Ils se sont arrêtés normalement et automatiquement dès occurrence du séisme. La perte du réseau électrique
extérieur a dû intervenir rapidement et les diésels de secours des installations ont démarré.
Mais environ une heure plus tard, un tsunami d’une ampleur considérable submergeait les prises d’eau de refroidissement des centrales et les bouchait de débris et, très probablement, noyait les installations électriques de secours. Les circuits d’eau de réfrigération de secours étaient donc indisponibles. Les centrales ont cependant bénéficié d’une circulation d’ultime secours de 120 m3/h, interne à l’installation, pendant un temps que nous ne connaissons pas, qui aurait protégé les installations quand la puissance résiduelle était la plus élevée.
A l’arrêt de ce système, le réacteur a donc été livré à lui‐même et la température de l’eau du coeur a progressivement augmenté ainsi que la pression. A un certain moment une partie des coeurs
a été dénoyée, entrainant ainsi la dégradation des gaines du combustible et de celui‐ci. L’oxydation résultante des gaines et le contact entre eau/vapeur et le combustible chaud ont entrainé une
production d’hydrogène mêlé à la vapeur. La pression dans l’enceinte de confinement et le réacteur a ainsi dû approcher les limites de leur dimensionnement mécanique.
La première barrière, la gaine du combustible, étant perdue (partiellement), la préoccupation des intervenants a alors été de protéger l’intégrité du confinement des réacteurs, visible dans les
schémas ci‐dessous (enceinte acier en forme de poire doublée d’un caisson puissant en béton).
Deux décisions importantes ont été prises :
‐ Maintenir la pression en relâchant de la vapeur hors de l’enceinte de confinement,dans le hall de manutention qui couvre le bloc réacteur ;
‐ Compenser les pertes d’eau en alimentant la cuve et le volume de confinement en eau de mer, permettant ainsi de renoyer le coeur et de limiter sa dégradation. Cette injection
d’eau a mobilisé des camions pompe, du bore étant injecté dans cette eau pour éviter tout accident de criticité.
La conséquence du lâcher de vapeur et d’hydrogène dans le hall qui surplombe les enceintes de confinement a été une explosion de l’hydrogène en présence de l’oxygène de l’air atmosphérique
et la destruction des halls, sans perte des enceintes de confinement des réacteurs d’après les exploitants. Les rejets dans l’environnement d’une vapeur d’eau contaminée par des produits de
fission radioactifs seraient restés limités dans cette phase (le chiffre de 1,5 mSv/h max. a été cité).
Le 15 mars au matin (heure française) la situation semble cependant se dégrader à nouveau avec deux nouveaux événements intervenant de façon très rapprochée :
‐ d'une part une explosion et un feu sur la centrale N° 4, à l'arrêt avant le séisme, sans toutefois détruire le hall qui la couvre (l'AIEA parle d'un feu dans un entreposage de combustibles
usés dans une piscine) ; ce feu a été éteint vers 12h00 (heure locale) ;
‐ d'autre part, une autre explosion dans le réacteur N° 2, dans lequel les responsables japonais avaient plus de difficultés à injecter de l'eau borée. Cette explosion aurait probablement entraîné
une dégradation de l'enceinte de confinement de ce réacteur.
Une forte montée de l'activité autour de la centrale (300 à 400 mSv/h) aurait été observée. A noter que ces valeurs de radioactivité semblent être mesurées au niveau le plus proche de leur
source et ne seraient donc pas celles auxquelles seraient confrontés les opérateurs de la centrale.Que déduire de cette succession d’événements qui est encore très évolutive et avec des
informations très partielles (ne pas oublier la difficulté pour les équipes japonaises de gérer un tel événement dans un pays durement marqué par ailleurs par le séisme et le tsunami) :
• Les réacteurs semblent avoir bien résisté à un séisme exceptionnel.
• La cause essentielle de cet accident, commune à tous les réacteurs du site, est l’insuffisance de prise en compte dans le dimensionnement d’un tsunami dont l’ampleur n’avait pas été
prévue. Les dispositifs de sécurité, nombreux et redondants, ont tous été mis hors service. La situation est rendue de plus très complexe en raison des désastres environnants dus au
tsunami et d’une défaillance commune et identique pour six réacteurs.
• L’augmentation de la radioactivité sur le site, à un niveau préoccupant pour les intervenants, va rendre encore plus complexe l’action sur les 6 réacteurs. L'impact de cette radioactivité va
également dépendre des effets météorologiques et climatiques (orientation des vents, pluviosité, etc.).
En ce qui concerne les réacteurs en France, les tsunamis potentiels les plus élevés sont plutôt le long de la côte méditerranéenne, sur laquelle aucun réacteur n’a été construit.
Il est certain que, dès que la situation sera stabilisée au Japon, et qu’un retour d’expérience aura été acquis, les Autorités de sûreté, et la française en particulier, engageront les exploitants nucléaires dans une réévaluation des risques externes d'inondation auxquels les réacteurs peuvent être soumis.
Mis à jour (Mercredi, 16 Mars 2011 21:16)


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