Allons enfants ! ! ! - vers un sursaut vainqueur et durable

Recréer un bassin français d’emplois industriels: pour une « realpolitik » aux yeux grands ouverts : le rôle des gouvernements est de protéger leurs Peuples.
Un salarié rapporte , un chômeur coûte !
Quand va-t-on faire le décompte des coûts sociaux, culturels et financiers et des bénéfices de la globalisation des échanges et de la chute des défenses économiques et financières de l'Europe ?
Il y a vingt ans, tous ou presque circulaient en vélo, aujourd'hui plusieurs millions d’entre eux roulent en Mercédès: ainsi s’est installée la moderne légende du miracle asiatique.
Il y a trente cinq ans et plus, de nombreux industriels et des intellectuels d’importants pays de la planète se préoccupant du rythme d’expansion ralenti des industries nationales s'avisèrent qu’il existait en Asie un bassin inexploité d’acheteurs potentiels pour les produits de nos vieux pays et, que pour conquérir ces marchés, il serait efficace d’amener les entreprises grandes et petites à étudier des implantations pérennes en Asie pour y satisfaire les marchés locaux, en leur signalant:
-de vastes marchés potentiels qui se développeraient rapidement grâce à la manne des salaires même très bas distribués à des ouvriers économiquement captifs, courageux et avides de changement ;
-l'acquisition d'une grande souplesse pour alimenter les chaînes traditionnelles et faire face aux besoins des marchés en expansion ;
-l’assurance de vastes retours sur investissement grâce à des marges démultipliées ;
-l’absence de charges sociales ;
-l’absence de troubles sociaux récurrents ;
-des gouvernements locaux puissants, encore moyennement soucieux du respect des Droits de l’Homme et, potentiellement efficaces dans leur soutien éventuel à des industriels étrangers prêts à investir indirectement dans l’expansion de leurs territoires.
Les premiers pionniers qui partirent à l’époque portant leur savoir faire, achetant et construisant des usines équipées en personnel local, contrôlant sérieusement la qualité des matières premières et des produits fabriqués et rejetant sans discuter les malfaçons ont connu des gains inespérés mais pas comme certains l’avaient prévu :
-constatant l’inexistence temporaire des marchés locaux, ils ont vite réalisé que leurs marchés traditionnels pourraient accepter ces produits aux noms connus bien que venus d’ailleurs à des prix inférieurs mais peu différents de leurs prix d’origine.
-le succès à la vente de ces produits leur permettant de réaliser des marges considérablement plus importantes que celles habituellement pratiquées en incita beaucoup à délocaliser totalement leurs productions
La tradition occidentale du capitalisme s’est alors brutalement transformée sous la poussée d’une globalisation en apparence sauvage au principal bénéfice d’intérêts financiers flottants et incontrôlables et, des pays bénéficiaires des délocalisations.
Beaucoup de salariés de la vieille Europe ont perdu leurs emplois et beaucoup d’autres vont encore perdre les leurs car une grande part des industries du monde ont trouvé ailleurs des salariés totalement dépendants dévoués corps et âmes à leurs entreprises, sans revendications autres que de leur assurer une subsistance en échange de leurs vies de travail.
Rien n’est venu remplacer ces emplois enfuis pour longtemps et nos modèles de société vont devoir évoluer en profondeur pour protéger du malheur des conditions de vie développées au cours de siècles d’évolution et de combats.
Selon les partisans d’une vision rétrécie de l’avenir nos charges sociales seraient trop élevées car elles mettraient en difficulté nos entreprises locales payant des salaires de par trop considérables par rapport aux salaires des employés des entreprises extra- nationales.
Pourtant à y regarder de plus près, une réduction voire une suppression des charges sociales n’apporterait qu’un avantage très relatif aux entreprises confrontées à la puissance de feu des entreprises délocalisées en Asie; elles priveraient par contre nos concitoyens d’un système de santé éprouvé malgré ses récents signes de lassitude.
Ces charges sociales tant critiquées, insuffisantes pour financer une Sécurité Sociale en déficit permanent, ainsi elles ne seraient même plus utiles pour protéger un marché domestique pour les produits innovants conçus par des laboratoires pharmaceutiques, qui bénéficiant d’une politique de prescription de génériques pour la plupart fabriqués par eux à l’étranger et, générateurs de revenus substantiels, sont temporairement moins soumis à une saine concurrence génératrice de réactions positives de survie.
Bientôt sauf dans quelques secteurs logiques ou protégés, il semble qu’il n’y aura plus place en Europe, pour la main d’œuvre peu qualifiée déjà très présente et démultipliée du fait des vagues d’immigration en provenance du Tiers Monde, car alors même que nos industries nationales, peu profitables bien que soutenues par les deniers publics, lorgnent elles aussi vers des délocalisations proches, nos petites et moyennes industries locales encore présentes mais surfiscalisées manquent de fonds propres et s’essoufflent, les banques n’étant plus au rendez-vous depuis longtemps et ne jouant pas le jeu de la relance.
La réelle poussée du chômage que nous constatons chaque jour devrait normalement s’amplifier (hors toutes manipulations statistiques) :
-de plus en plus d’industries, prenant conscience du seul potentiel financier résultant des délocalisations et, dirigées par la recherche d’une rentabilité immédiate, choisissent de licencier des personnels dont la rentabilité comparée immédiate n’est plus performante, pour s’implanter ailleurs et, tout cela dans l’ignorance résolue de nos valeurs républicaines et humanistes, ou, cèdent leurs entreprises à des concurrents étrangers qui ne découvrent la Loi française qu'après avoir donné le coup de grâce et récupéré le seul savoir faire technique.
Ainsi l’Europe se voit dépouillée de ses industries manufacturières dans une indifférence quasi générale et sans qu’un nouveau Yalta n’en soit la cause.
Dans un contexte toutefois très différent le phénomène précédent est amplifié par l’ouverture de l’Europe à de nouveaux pays membres :
-les « masses laborieuses » locales des nouveaux membres de l’Union Européenne,plus habituées à une prise en charge lors de la rencontre des difficultés de la vie et aux dos moins souples que ceux de leurs «concurrents» asiatiques y offrent une ressource assez qualifiée, aux comportements plus familiers, pour la fabrication de sous-ensembles et de produits finis.
-les marchés locaux qui y existaient, il y a soixante ans, ne demandent qu’à se redévelopper avec des besoins comparables aux nôtres.
L’espoir d’Europe remet la réanimation et l’élargissement de ces marchés à l’ordre des espérances:
-des espérances d’une Europe protectrice de ses droits, entreprenante et exportatrice plus qu’importatrice ;
-une Europe soucieuse du bien être de ses citoyens prioritaires dans l’esprit de ses dirigeants ;
-une Europe qui donne et crée du travail plutôt qu’une Europe qui distribue sans contreparties : subventions, aides ou subsides;
-une Europe exigeante mais généreuse qui respecte ses peuples, et les protège de l’adversité.
Plutôt que de tourner le dos délibérément aux valeurs du travail si riches pour construire les hommes et les sociétés et, avant de dire définitivement adieu à tout avenir, il paraît urgent temps pour les politiques de nos vieux pays de prendre conscience des dangers des orages annoncés et de se concerter en mettant leurs cerveaux, leurs compétences, leurs puissances et leurs influences, au travail sur un Projet commun:
Reconstruire la France et construire l’Europe,
-retrouver et développer le partage des valeurs humanistes et républicaines qui peu ou prou ont été à la base de la construction de nos pays,
-rechercher la qualité sinon l’excellence en toutes choses dans nos productions
-reconnaître conjointement:
-qu’il est plus facile de préserver les emplois rentables que d’en créer de nouveaux,
-qu’il est nécessaire de préserver en place une industrie et des emplois industriels si l’on veut espérer conserver une puissance réactive en cas de crise,
-que si le savoir-faire est facilement transférable, il est très long et très coûteux à développer
-que transférer le savoir faire sans protéger et assurer de manière durable ses intérêts dans l’avenir est suicidaire.
-que si l’on ne peut programmer l’innovation, on peut par contre rendre son éclosion plus facile,
-qu’une population au travail se porte mieux physiquement et mentalement qu’une population assistée
-qu’il est possible de redonner l’espoir sans sacrifier les générations montantes à des bénéfices particuliers immédiats aux pérennités nationales incertaines .
-qu’en appliquant aux produits importés les mêmes contraintes de qualité qu’aux produits fabriqués en Europe on redonnera des possibilités de survie aux entreprises non délocalisées.
-qu’en accompagnant et en assurant sans pour autant les assister ceux qui feraient le choix du statut d’auto-entrepreneur dans tous les métiers, y compris les métiers agricoles
-il est possible de réduire efficacement le niveau du chômage tout en redonnant espoir aux jeunes comme aux vieux et cela est urgent et nécessaire pour éviter de faire trop monter la pression dans la marmite de Papin
NB-Certains industriels asiatiques commencent à acquérir progressivement les réseaux de distribution afin de contrôler eux -mêmes la distribution mondiale des produits fabriqués dans leurs pays et partant, les revenus considérables y afférents et les emplois qui y sont attachés.
Crédit photo :JPB Droits JB
Mis à jour (Jeudi, 28 Avril 2011 09:10)


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