Une véritable cacophonie se prépare entre gens de bonne volonté qui partagent in fine les mêmes objectifs avec toutefois des visions radicalement opposées des moyens nécessaires pour y parvenir: tous souhaitent le mieux pour le plus grand nombre,
-certains donnant la priorité aux européens,
-d'autres à leurs nationaux et, les derniers enfin,
-à tous ceux qui souhaitent que leur avenir s'améliore, ce qui fait beaucoup de monde quand même !
Faut-il construire des murs, ouvrir des couloirs, délimiter des périmètres ? des questions urticantes pour beaucoup d'élus qui, n'ayant qu'une faible expérience des architectes ou, une connaissance insuffisante du principe des vases communicants, se refusent à voir dans la multiplication des poissons et des pains : une illustration réaliste des vertus et des bénéfices du partage, plutôt qu'un signe éternellement reproductible des seuls bienfaits du Ciel sans intervention humaine.
Nous avons choisi en illustration de cette casuistique des extraits d'une intervention de Nathalie Griesbeck, député européen, lors du débat sur l'état du système d'asile européen et, la 3ème édition du MIPEX : nous partageons leurs sentiments humanistes mais les appelons conjointement à un minimum de pragmatisme.
L'Europe est perclue de chômage , les européens dans leur grande majorité voient chaque jour leur pouvoir d'achat décroître , les emplois ont fui et continuent de fuir vers des pays à bas salaires, de nombreux pays européens et, non des moindres, sont gravement pris dans les nasses de la crise financière, même en France, la protection sociale est remise en ordre.
Il n'est pas temps de courir après des dépenses superfétatoires qui ne rempliront aucun tonneau percé . plutôt que d'accueillir des populations aussi sympathiques que peu désirées, ne vaut-il pas mieux consacrer les efforts possibles à développer rapidement , au niveau européen, cette Union pour la Méditerranée, qui avait pourtant fait des premiers pas positifs, plutôt qu'alimenter prisons, tribunaux, magistrats , avocats, en causes interminables et, des centaines de miliers de réfugiés en rancoeurs et en espoirs déçus.
Il faut parfois savoir dire NON avant de s'engager au delà de ses moyens et en obérant gravement l'avenir.
De quel refuge auraient donc besoin des habitants de pays "rendus à une démocratie leur ayant été jusqu'ici inaccessible ?
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Retrouvez l’intervention de Nathalie Griesbeck lors du débat sur l’état du système d’asile européen, en présence de la Commissaire Européenne aux Affaires Intérieures Cécilia Malmström hier après midi en session plénière du Parlement Européen.
Le moment est venu de construire un authentique droit d’asile européen qui devient [notamment au vu de l'actualité récente : du projet de construction d'un mur en Grèce, de l'arrivée plus de 5500 tunisiens cette semaine sur l'île italienne de Lampedusa...] plus que jamais urgent ».
Le débat intervenait à la suite d’un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de Strasbourg, qui a condamné, le 21 janvier dernier, la Belgique à dédommager un demandeur d’asile afghan renvoyé en Grèce. Ce renvoi était effectué conformément à la réglementation dite « Dublin II » qui prévoit que toute demande d’asile doit être examinée dans le premier pays d’accueil de l’Union européenne. Dans cet arrêt, l’argumentation de la Cour s’attache aux conditions d’accueil de ce pays jugées inhumaines et contraires aux droits de l’homme. Les demandeurs d’asile y sont systématiquement placés en détention et souvent brutalisés par les policiers. Quant aux chances de se voir accorder l’asile, elles sont très minces. Cette décision, à caractère jurisprudentiel, devrait amener l’Union à revoir sa politique d’asile. Déjà plusieurs États européens (Norvège, Grande-Bretagne, Suisse) ont suspendu le renvoi des réfugiés vers la Grèce à la suite de cette décision. La Suède et l’Allemagne avaient pris les devants en décidant, fin 2010, de suspendre les renvois pendant un an.
Zoom sur : Le règlement Dublin II
Le Règlement Dublin II (du 18 février 2003) détermine quel Etat membre est responsable pour examiner une demande d’asile. Il établit que c’est le premier Etat d’accueil (membre de l’Union Européenne) d’un ressortissant de pays tiers voulant demander l’asile qui doit prendre en charge cette demande d’asile.
Les institutions européennes travaillent actuellement à la révision de ce règlement. En effet, plusieurs lacunes concernant principalement l’efficacité du système mis en place, la pression migratoire que subissent certains Etats européens et le niveau de protection offert aux demandeurs d’une protection internationale ont été constatées. En Décembre 2008, la Commission Européenne a ainsi présenté une proposition de refonte : La Commission souhaite modifier le règlement de Dublin II afin, d’une part, de renforcer l’efficacité du système et, d’autre part, de garantir que l’ensemble des besoins des demandeurs d’une protection internationale soient couverts par la procédure de détermination de la responsabilité. En outre, conformément au plan d’action en matière d’asile, la proposition vise à répondre aux situations dans lesquelles les capacités d’accueil et les régimes d’asile des États membres sont soumis à une pression particulière et où le niveau de protection des demandeurs d’une protection internationale est insuffisant.
Le Parlement Européen a notamment organisé une mission en décembre 2010 conduite par Cecilia Wikström, membre de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) en Grèce. Le but de la mission était de montrer que certains pays sous « pression migratoire » sont dans l’impossibilité d’appliquer Dublin II. La mission, et de nombreux députés du Parlement Européen, demande donc un mécanisme de suspension des transferts quand certains Etats membres sont sous pression. Cela impliquerait bien sûr un mécanisme de solidarité dans l’Union Européenne en matière d’asile, solidarité à laquelle Nathalie Griesbeck est particulièrement favorable."
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Politiques d’intégration : 31 pays à la loupe
Paris, le 28 février 2011 ‐ La 3ème édition du MIPEX (Migrant Integration Policy Index www.mipex.eu), outil de comparaison et d’évaluation des politiques d’intégration, est publiée aujourd’hui.
Cofinancé par le Fonds européen pour l’intégration, le MIPEX est un projet du Migration Policy Group et du British Council.
Cet outil riche et multi‐dimensionnel couvre un plus grand nombre de pays (31 au total, comptant trois nouveaux entrants : la Bulgarie, la Roumanie et les Etats‐Unis) et d’indicateurs politiques que sa précédente édition de 2007. Soulignant les grandes disparités entre les pays d’Europe dans leur façon d’intégrer leurs 20 millions de résidents étrangers, le MIPEX III fait état d’une évolution globale plutôt lente depuis 2007 : il existe toujours nombre d’obstacles à la vie, au travail et la participation active
des migrants dans nos sociétés.
La France vient se placer au 15ème rang sur les 31 pays concernés. La Suède, le Portugal et le Canada sont en tête de classement. Les Etats‐Unis sont en 9ème position. L'Allemagne et le Royaume‐Uni, quant à eux, partagent la 12ème place.
En Europe, les principaux obstacles en matière d’intégration restent l'accès à la nationalité, la participation politique et l'accès à l’éducation. Ces deux derniers domaines sont ceux pour lesquels la France obtient ses moins bons résultats.
La notion de participation politique fait principalement référence au droit de vote des étrangers aux élections locales qui n’existe pas en France, contrairement à la plupart des pays facilitant la naturalisation. L’analyse de l’accès à l’éducation met quant à elle en lumière une nécessité de renforcer les mesures éducatives ciblées pour les enfants migrants. Point positif : la France atteint son
meilleur score pour la lutte contre la discrimination, domaine dans lequel elle rejoint le peloton de tête du classement global.
Les résultats du MIPEX seront présentés lors d’une conférence organisée par les partenaires français du projet, France terre d’asile et Terra Nova , et le British Council, le 16 mars prochain.
“Au fil des ans, le MIPEX reste un outil précieux pour cartographier et évaluer les politiques d’intégration au sein de l’Union européenne. Je suis ravie de soutenir cette initiative […] il est intéressant de noter que de nombreux Etats membres font généralement mieux, en termes de politiques d’intégration des migrants, dans les domaines où il existe un droit de l’Union. ”
Cecilia Malmström, Commissaire européenne aux Affaires Intérieures
Contact British Council : Jim HOLLINGTON, directeur du projet MIPEX ‐ 01 49 55 73 09/32
Contact France terre d’asile : Pierre HENRY, directeur général – 06 03 22 65 25
Pour en savoir plus sur le MIPEX et utiliser l’outil en ligne : www.mipex.eu
• Le MIPEX compare et classe les pays sur la base de 148 indicateurs politiques. Il fournit des données objectives et comparables qui sont présentées dans un guide de référence et il propose un outil interactif en ligne pour aider les responsables politiques, les porte‐paroles de la société civile et les chercheurs à évaluer, comparer et améliorer l’intégration.
• Pays inclus dans cette étude : les 27 Etats membres de l’UE, la Norvège, la Suisse, le Canada et les Etats‐Unis.
• Le MIPEX a été cofinancé par la Communauté européenne via le Fonds européen d’intégration. Le British Council pilote le projet avec le Migration Policy Group, son principal partenaire de recherche. Plus de 37 partenaires nationaux ont apporté leur contribution.
• La toute dernière édition, MIPEX III, s’enrichit de nouveaux pays (Bulgarie, Roumanie et Etats‐Unis), d’un domaine politique (l’éducation) et de nouveaux indicateurs (intégration sur le marché du travail et mise en oeuvre des politiques).
• Le MIPEX III n’est pas une étude sur les migrations, mais sur l’intégration des migrants légaux. Il ne s’intéresse pas à l’augmentation ou à la diminution des flux d’immigrés, mais plutôt aux bonnes pratiques employées à l’égard de ceux qui résident légalement dans un pays.
• Les idées ou opinions exprimées dans l’Index n’engagent que leurs auteurs. Le British Council et la Commission européenne n’endossent pas ces idées ou opinions et ne sont pas responsables de l’usage qui en est fait.
• Tous les partenaires de recherche sont des universitaires et des experts indépendants, qui sont des spécialistes des politiques d’intégration de leurs pays et ont une grande expérience des études comparatives. Toutes les données ont été revues de façon anonyme par des pairs et leur cohérence a été soigneusement contrôlée.
• L’étude définit les migrants européens comme étant des ressortissants de pays non‐membres de l’UE résidant légalement dans les 27 pays de l’UE.
À propos du British Council
• Le British Council est une organisation internationale britannique, présente dans plus de 100 pays et territoires, qui oeuvre dans le domaine de l’éducation et des relations culturelles. Nos principaux domaines d’intervention sont les arts, la langue anglaise, l’éducation et la société.
• Nous sommes une organisation non politique, indépendante du gouvernement. (www.britishcouncil.fr)
À propos du Migration Policy Group
• Le Migration Policy Group est un groupe de réflexion européen indépendant, à but non lucratif, qui s’efforce de favoriser un changement durable et positif pour permettre l’avènement de sociétés ouvertes où chacun aura sa place (www.migpolgroup.org).
A propos de France terre d’asile
• Fondée en 1971, France terre d'asile promeut auprès de l’opinion et des pouvoirs publics toutes les activités favorables ‐ et les actions d'information et de formation en France et à l'étranger ‐ au développement de la tradition d'asile et des migrations de droit, ainsi qu'à la protection internationale et à l'accueil des populations migrantes. L'association participe à l’accueil des demandeurs d'asile et des apatrides sur le territoire français, des réfugiés statutaires, des bénéficiaires de la protection subsidiaire et de leur famille, et soutient toute action en faveur des réfugiés. L’intégration des migrants constitue également un engagement fort de France terre d'asile (www.france‐terre‐asile.org).
A propos de Terra Nova
• Terra Nova est un think tank progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes, en France et en Europe. La fondation se fixe trois objectifs prioritaires : favoriser la rénovation intellectuelle de la social‐démocratie, produire de l’expertise et des solutions politiques opérationnelles, et inscrire son action dans un réseau européen et international de think tanks progressistes. Plus généralement, Terra Nova contribue à l’animation du débat démocratique, à la vie des idées, à la recherche et à l’amélioration des politiques publiques. Elle popularise les idées politiques et les grands enjeux du monde contemporain. (http://www.tnova.fr/).
Mis à jour (Mardi, 01 Mars 2011 15:48)


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