
Réhabiliter des friches industrielles : une solution passionnante et très porteuse à condition :
-de ne pas réhabiliter pour faire comme les autres,
-de ne pas réhabiliter ce qui ne le méritera jamais,
-de ne pas créer des locaux là où il y en a déjà pléthore
-le coup de pouce fiscal devrait aider sans coûts relatifs mais avec des gains à court ou moyen terme mais , pas partout !
Les motivations doivent donc être clairement définies dès le départ.
Presque partout dans le monde, des usines ont fermé entraînant des régions entières vers le chômage, les bâtiments abandonnés s'y dressent comme des témoins de mémoire d'un âge révolu, dur mais fier, dans lequel le travail tenait sa place et chaque individu pouvait gagner son pain.
Presque partout dans le monde, des spécialistes nous ont chanté depuis des décennies que réparer de l'ancien coûtait plus cher que de construire du neuf mais il est aujourd'hui possible de constater la quasi inanité de tels propos qui ignorent bien des facteurs économiques résultant de telles politiques.
Loin de nous l'intention de lutter contre la destruction de bâtiments hâtivement et mal construits avec des moyens inadaptés, par contre, il serait coupable d'ignorer les facteurs économiques locaux, leurs rebondissements potentiels et les bénéfices avérés de la réhabilitation de friches industrielles pour les transformer en zones d'activité, de logements, de bureaux, de loisirs.
Il serait également coupable d'ignorer la qualité des systèmes mis en oeuvre pour réaliser ces réhabilitations en n'utilisant pas la main d'oeuvre locale. En investissant 1 ont rapidement regagné 8 à 10, en gagnant sur tous les tableaux: économie, santé, formation, revenus fonciers, économies d'énergie, réduction de la pollution, sécurité urbaine, logement...
Les opérations de réhabilitation citoyennes de friches industrielles fleurissent aujourd'hui dans de nombreux pays, de nombreuses villes où conduites de manière responsable par de vrais citoyens dans l'acception noble du terme, elles mobilisent des investissements modérés qui se révèlent à court terme très productifs.
Dans notre pays où pendant des lustres , des caciques à l'autorité indiscutable ont préféré laisser aller à la ruine des constructions témoins des modes de vie du passé au nom du respect de techniques anciennes à la valeur souvent plus symbolique qu'efficace, dans notre pays où ces mêmes caciques ont conduit une politique de réabilitations au plus haut coût conduites par des entreprises en nombre restreint, aux tarifs déconcertants et aux moyens insuffisants; dans notre pays, on a longtemps choisi de laisser s'effondrer une tour (que l'on ne reconstruira jamais) plutôt que de la sauver en la confortant dans l'urgence par quelques injections de béton en confortement, les systèmes de parement existants auraient pu faire disparaître les traces de telles interventions en attendant des jours plus fastes etc...
Loin de nous l'intention d'attaquer un système passéiste et dépassé qui, s'il était analysé ferait de lui-même apparaître ses limites et ses relatives qualités.
Elle est juste de "signaler" comment avec des moyens réduits et une efficacité indiscutable de l'Australie au Canada en passant par les friches de Pennsylvanie, la Norvège, le Maryland, le pays des "blackies" dans le royaume Uni, et sans aller aussi loin: en France , les fétus de paille volent et les poutres sont visibles: l'arbre ne cache plus la forêt:
-il est possible de faire du "beau neuf" avec du "vieux moche", avec moins de dépenses que n'en entraînerait la démolition, la dépollution, la réurbanisation nécessaire et une reconstruction reportée à des jours meilleurs.

- il est possible de redynamiser le tissu économique avec de la volonté politique exprimée soutenue par quelqu'une de ces poudres de perlimpinpin magique qui savent mélanger l'outil fiscal et la conjug aison maîtrisée de toutes les bonnes volontés au service de projets à démarrer.
Dans la plupart des cas quand la société se porte bien, les individus aussi mais, quand elle se porte mal, seul un petit nombre en tire temporairement, mais souvent durablement profit.
Il faut soutenir les bonnes volontés en leur apportant des outils d'efficacité, et un Code de conduite.
Quatre exemples aux motivations diverses en incitation à creuser plus profondément parmi des centaines de cas : les performances ne sont pas toujours les mêmes ni les moyens mis en oeuvre, certains cas ont une identité de prototypes protéiformes nécessairement coûteux d'autres bénéficient d'une expérience de plusieurs années- à court terme les résultats ne devraient pas décevoir.
Maryland: le "Maryland Heritage Structure Rehabilitation Tax Credit program" créateur, d'activités productives, de nombreux emplois, de redynamisation, de protection de l'environnement - 1 dollar investi apportant 8.75 dollars après quelques années sans compter de nombreuses plus values et, pour les municipalités des rentrées retrouvées en impôts locaux.

http://mht.maryland.gov/taxcredits_resources.html
Montréal: réhabilitation partielle du Canal Lachine - Les 14kms du canal Lachine étaient au 19ème siècle un passage incontournable pour le commerce maritime à Montréal. A l'époque, les rives du canal étaient bordées par des fonderies d'acier, des raffineries de farine, et des usines en tout genre. Le quartier a connu une belle époque... jusqu'en 1959, quand l'ouverture du fleuve St Laurent l'a relégué au second plan. Laissé à l'abandon pendant des années, le canal est devenu l'objet d'un grand projet de rénovation : une piste cyclable (voire une piste de ski de fond, actuellement !) a été construite fin de années 90, et plusieurs usines ont été transformées en bureaux, restaurants et appartements. Il reste encore beaucoup à y faire
The Billings in Guildford: réhabiliter aux normes HQE pour une réduction de la consommation carbone

The Low Carbon Workplace Trust (LCWT) a lancé sa réhabilitation basse consommation de carbone à Guildford,
Nantes: une ville qui a perdu des milliers d'habitants met en oeuvre une politique de réhabilitation thème
http://www.dailymotion.com/video/xfe5mm_les-friches-industrielles-autour-de-nantes_news
Angers: expérimenter et reconstruire une mixité sociale sans déplacer les populations, en se servant du tissu urbain existant,
L'utilisation des friches industrielles pour construire des logements: l'exemple d'Angers
Réhabilitation d'une ancienne fabrique d'allumettes près d'Angers (diaporama)
Autrefois manufacture d'allumettes, le site devenu friche industrielle est en train de se transformer en quartier de logements sociaux et d'activité, sous l'impulsion de l'organisme Toit Angevin et l'Atelier d'Architecture Lalo..A l'issue d'un concours lancé par le Toit Angevin, organisme de logement social, en collaboration avec la ville de Trélazé (Maine-et-Loire), l'Atelier d'Architecture Lalo, associé à la Fabrique Urbaine, a remporté la réhabilitation d'anciennes friches industrielles sur lesquelles était implantée une manufacture d'allumettes.
Objectif : transformer le site en quartier de logements sociaux et d'activités. Tout ne s'est pas passé au mieux dans un climat de concertation positive
Le Toit Angevin continue de raser la Manufacture des Allumettes de Trélazé

Sans projet défini de réhabilitation du site des Allumettes, ni autorisation de construire, le Toit Angevin (société privée d’HLM)poursuit son œuvre de destruction au mépris de tous : locataires du site, associations et même services de l’Etat sont délibérément mis devant le fait accompli.
Les nouvelles opérations de démolition qui ont démarré lundi se déroulent en dehors de toute concertation dans des conditions particulièrement douteuses : faut-il voir une nouvelle tentative d’intimidation des locataires dans le fait que le propriétaire ne les a pas préalablement informés de l’arrivée des engins sur leur lieu de vie et de travail ? Outre la dangerosité de la situation, les locataires avaient d’autres raisons de s’alarmer : instructions avaient été données de commencer la démolition de locaux figurant pourtant dans leurs baux de location !
Mission d’inspection générale
Alerté de la reprise de démolitions sans justification sur un site bénéficiant de son label “Patrimoine du XXème siècle”, le Ministère de la Culture s’est emparé du dossier. Suite au rapport de Paul Smith, spécialiste du patrimoine technique au niveau national, après sa visite sur site le 12 février, le Ministère a décidé d’une mission d’inspection générale, qui s’est déroulée le 2 mars. La Direction du Toit Angevin et la municipalité de Trélazé étaient prévenues de cette mission. Les démolitions ont donc délibérément redémarré la veille de cette visite d’importance. Précision significative : les engins ne se sont pas attaqués à un bâtiment puis un autre, mais simultanément à l’ensemble des bâtiments destinés à être rasés.
http://www.chats-et-chatons-en-ville.fr/video/Ygkhdrlvh4Q&feature=youtube_gdata
Au cœur de cette rénovation : la mixité sociale. Une mixité qui ne doit bien sûr pas être réalisée au détriment de la qualité de vie des habitants. Tel est donc le pari relevé par l'Atelier d'Architecture Lalo, qui réalisera, dans un premier temps, un ensemble de 200 logements en lieu et place des anciennes halles réhabilitées, ainsi que 50 logements neufs sur une surface totale de 13.700 m2. Dans une seconde phase, la Fabrique Urbaine aménagera de 350 à 400 logements. Pour répondre aux enjeux de mixité sociale, un parc d'activités de 8.850 m2, mêlant bureaux, ateliers, commerces, espaces associatifs ou d'artistes, ainsi qu'un parking de 500 places sont prévus.
Sur le plan architectural, l'Atelier Lalo a pris le parti, à la fois, d'ouvrir le site et de valoriser ses composantes. Ainsi, il s'est agit de « travailler avec la logistique industrielle du plan masse, en créant des singularités et des silhouettes, permettant de rompre la linéarité par une mise en valeur des transversales », explique le communiqué. Résultat : « une succession de séquences, proposant un traveling paysager qui structure ce vaste espace ».
Fiche technique
Lieu : Manufacture d'allumettes, Ville de Trélazé - Maine et Loire
Programme : Réhabilitation de la manufacture d'allumettes
Maîtrise d'ouvrage : Toit Angevin
Maîtrise d'oeuvre : Atelier Lalo
BET : Betom
Urbaniste : La Fabrique Urbaine
Paysagiste : Sativa
Scénographie : Studio Ad'Hoc
Surface SHON : 40.036 m2
- 31.760 m2 pour 408 logements (186 en réhabilitation;222 neufs)
- 8.850 m2 d'activités
Montant des travaux - 1ere phase (250 logements) : 16 M€
Mis à jour (Mercredi, 22 Février 2012 15:08)


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