
"Dans l'avenir, il sera possible de connaître l'origine parentale de l'ADN qui contribue, soit seul soit en association, à certains facteurs spécifiques ou maladies," a déclaré le co-auteur Stephen Scherer, Ph.D., senior scientist in Genetics and Genomic Biology at SickKids and professor of Molecular and Medical Genetics à l'Université de Toronto.
"Cette étude a révélé que dans un génôme individuel plus de 44% des gênes avaient des séquences variables, un pourcentage qui a été cherché par les scientifiques depuis 50 ans. Avec ce type d"information maintenant disponible, le décor est en place pour que s'ouvre une ère de médecine personnalisée dans laquelle l'information de la séquence du génôme devient une référence critique pour aider à prendre des décisions en référence avec la santé" conclut-il.
La Commission présidentielle pour l'Etude des problèmes bioéthiques a tenu sa première réunion les 8-9 juillet à Washington D.C. Le thème principal est la biologie synthétique.
Parmi les intervenants Craig Venter, PhD, Drew Endy, PhD, George Church, PhD, et autres personnalités de la biologie synthétique, ainsi que des experts en sciences éthiques, politiques, réglementation et gouvernance. Voir la liste complète des intervenants sur: http://www.bioethics.gov/meetings/070810/
Suite à l'annonce faite au mois de mai que des chercheurs avaient créé une cellule auto- reproductrice contenant un génome entièrement synthétique, le Président Obama a demandé à la Commission de Bioéthique d'étudier les retombées prévisibles de cette technologie. Il a demandé à la commission de fournir un rapport dans les six mois et de lui recommander toutes actions que le Gouvernement devrait prendre pour augmenter les bénéfices et réduire les risques associés à cette technologie tout en identifiant des limites éthiques appropriées.
BE Etats-Unis 209 - 28/05/2010
Sciences de la vie: La prouesse du Venter Institute en biologie synthétique fait parler d'elle
Le J. Craig Venter Institute (JCVI) a annoncé le 20 mai dernier la mise au point d'une cellule bactérienne synthétique après 15 ans de recherche (voir dans ce même BE Etats-Unis 209 :
"Un génome synthétique pour les gouverner toutes").
Cette annonce a provoqué de nombreuses réactions dans les communautés scientifique et politique autour du globe. Les chercheurs du JCVI sont en effet parvenus à "reprogrammer" une cellule bactérienne de l'espèce Mycoplasma capricolum en introduisant dans son cytoplasme un génome totalement synthétique, basé sur le génome d'une autre espèce de bactérie : Mycoplasma mycoides.
Cette séquence d'ADN non naturelle a été intégrée dans la machinerie cellulaire de la cellule hôte et a orchestré l'expression de protéines spécifiques, transformant ainsi la cellule de Mycoplasma capricolum en cellule de Mycoplasma mycoides viable.
Cette première réalisation fait office de preuve de concept et ouvre un horizon de possibilités très vaste.
Cet exploit a en effet été réalisé dans le cadre d'un projet phare du JCVI : définir le génome minimal nécessaire à la survie autonome d'un organisme vivant microbien et utiliser ce génome comme fondation pour inclure des gènes permettant de créer des organismes microbiens répondant à des besoins énergétiques ou environnementaux.
J. Craig Venter a déclaré que ces nouvelles cellules synthétiques pourraient potentiellement constituer une nouvelle révolution industrielle. Des recherches d'application sont déjà en cours.
Synthetic Genomics Inc., une société fondée par J. Craig Venter, aujourd'hui détentrice de la propriété intellectuelle concernant les techniques mises au point au JCVI, a d'ailleurs un contrat de 600 millions de dollars avec Exxon Mobil Corp. pour la mise au point d'algues capables de capter du dioxyde de carbone et de produire du carburant.
Au moins 3 autres sociétés, Amyris Biotechnologies (Emeryville, Californie), LS9 Inc. (San Francisco, Californie) et Joule Unlimited (Cambridge, Massachusetts) travaillent également sur la création de cellules synthétiques afin de produire des carburants renouvelables. D'autres domaines pourraient également bénéficier de cette technologie : production de vaccins, dépollution, alimentation.
Cette avancée soulève cependant de nombreuses questions en matière d'éthique et de réglementation.
J. Craig Venter a lui-même reconnu que la technologie mise au point par son équipe pourrait être utilisée à des fins dangereuses. La menace du bioterrorisme semble cependant encore lointaine vu le caractère complexe des manipulations et l'expertise technique requise pour la mise en oeuvre de ces protocoles.
Cependant, l'idée même de pouvoir créer des souches bactériennes ou virales synthétiques à partir de virtuellement rien de plus qu'un ordinateur et 4 flacons d'Adénine, Thymine, Guanine et Cytosine provoque des inquiétudes. En dehors d'une application militaire de cette technologie, de nombreuses voix s'élèvent pour souligner les risques environnementaux posés par une libération de souches synthétiques dans le milieu naturel et l'importance de la mise en place d'une réglementation [1].
Un groupe canadien, l'ETC Group, appelle même à la signature d'un moratoire international sur la biologie synthétique afin de bloquer la recherche le temps que des règlementations soient mises en place.
Le président Obama a personnellement demandé à la Commission Présidentielle pour l'Etudes des Problématiques en Bioéthique de fournir d'ici 6 mois un rapport complet sur les risques et les bénéfices attendus du développement de la biologie synthétique [2].
La propriété intellectuelle est également au coeur des débats. Bien que l'avancée ait été saluée par de nombreux scientifiques, un grand nombre d'entre eux insiste également sur l'abus de langage consistant à nommer "cellule synthétique" une cellule naturelle ayant reçu un génome synthétique. J. Craig Venter a affirmé sa volonté de breveter la découverte du JCVI, arguant qu'il s'agit très clairement d'une invention humaine.
L'ETC Group craint que ces brevets aient un effet néfaste sur le développement de la recherche en biologie synthétique en créant un monopole technologique, un débat au sein duquel le JCVI s'est déjà trouvé en 2007 [3]. De nombreux points restent donc à clarifier avant que la portée réelle de cette découverte scientifique puisse être établie.
Pour en savoir plus, contacts :
- [2] Lettre du président Obama à Amy Gutman : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/QPiiL
- Site du J. Craig Venter Institute : http://www.jcvi.org/
- Site du ETC Group : http://www.etcgroup.org/en
Code brève ADIT : 63471
Source :
- [1] Science view : creating artificial life, Claire Spencer, BBC, 21 Mai 2010, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/d2foL
- [2] Venter's patent grab imperils synthetic biology, activists say, Brandon Keim, Wired Science, 14 décembre 2007, http://www.wired.com/wiredscience/2007/12/venters-patent/
- "Artificial life" breakthrough announced by scientists, Victoria Gill, BBC News, 20 Mai 2010, http://news.bbc.co.uk/2/hi/science_and_environment/10132762.stm
- Scientists create synthetic organism, Robert Hotz, The Wall Street Journal, 20 Mai 2010, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/eTlk3
- Synthetic Genome brings new life to bacterium, Elizabeth Pennisi, Science Magazine, 21 mai 2010, http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/328/5981/958
- Who's afraid of synthetic biology ? Ronald Bailey, Reason.com, 25 Mai 2010, http://reason.com/archives/2010/05/25/whos-afraid-of-synthetic-biolo
- Synthia est bien vivante et elle est parmi nous : panacée ou boite de Pandore? ETC Group newsroom, 20 Mai 2010, http://www.etcgroup.org/en/node/5143
Rédacteur :
Thomas Biedermann,
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Origine :
BE Etats-Unis numéro 209 (28/05/2010) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/63471.htm
Sources: Science,BE Etats Unis 209, JCVI
bulletins-electroniques.com tous droits réservés - votre contact : François Moille
Mis à jour (Mardi, 20 Juillet 2010 11:37)


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